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DSC_0502Depuis treize ans le 25 septembre est déclarée Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives des armées françaises. Saumur célébrait ce matin cette journée aux monuments aux morts en présence de François Bourdeyron, préfet du Maine-et-Loire.

En marge de la remise de gerbes devant le monument de la place de la République, le préfet a lu le message de Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants. “Aujourd’hui, c’est le rendez-vous avec la mémoire de notre Pays, avec notre République, mémoire dont les harkis ne doivent plus être oubliés. Les témoins ne sont pas éternels, le travail de mémoire doit l’être”.

Michel Apchin, maire de Saumur, a a son tour rendu homage aux harkis et aux autres membres des formations supplétives :

“Chaque 25 septembre, nous nous rassemblons pour rendre un hommage national aux Harkis ainsi qu’aux autres forces qui ont appartenu en Algérie aux formations dites supplétives. Il s’agissait des Moghaznis (policiers auxiliaires) et des G.M.S (assimilés aux CRS).

Cet hommage, c’est celui que la Nation se doit de rendre à chacun de ces hommes et femmes qui ont fait le choix de la fidélité à la France, quoi qu’il leur en coûte, en prenant les armes pour elle en ces heures tragiques.

Cette guerre sans nom qui se livrait dans les départements français d’Algérie a broyé nombre de ses habitants, alors qu’en même temps, elle divisait et déchirait notre pays tout entier. Et la plaie n’est peut-être pas encore tout à fait cicatrisée.

Oui, il y a des pages de notre histoire qui n’ont pas été glorieuses, et si certaines auraient mérité d’être enfouies dans les profondeurs de l’Histoire, il nous appartient aujourd’hui de regarder avec honnêteté notre réalité en face.

C’est un sort indigne qui a été réservé aux Harkis et plus encore à leurs familles, lors des événements sanglants qui ont suivi la fin de ce qu’on ne voulait pas appeler « la guerre d’Algérie ».

DSC_0518“Votre destin fait partie de notre histoire commune”

Ces hommes, ces femmes, ces enfants, oubliés des accords d’Evian, ont été abandonnés sur un sol, le leur pourtant, mais qui désormais les rejetait à la vindicte des vainqueurs, plus habitués à poser des bombes et à manier le couteau qu’à respecter le droit des combattants. Les exactions, les massacres qui ont suivi le départ des troupes françaises furent à la mesure de la haine qu’éprouvaient les militants du FLN envers leurs compatriotes qui avaient choisi de servir la France.

Peu nombreux furent ceux qui y ont échappé, parfois grâce à la désobéissance de soldats de notre armée en repli, choqués par l’abandon de la France et le parcage de ces malheureux dans des camps aménagés à la hâte et dénués de tout confort.

Isolés, marginalisés, frappés d’ostracisme, traités en parias, souvent victimes de racisme, voilà comment la France a remercié ces hommes courageux qui avaient tout quitté pour elle et tout perdu, sans jamais fléchir ni renoncer.

Harkis de France, en servant la France au point de supporter l’inacceptable et de devoir abandonner votre terre, vous avez placé la fidélité et le devoir au dessus de vos propres intérêts.

Par votre engagement, par le sang versé de vos frères et de vos martyrs, vous avez servi notre Pays. Pour tragique qu’il ait été, votre destin fait partie de notre histoire commune, fait partie de l’histoire de la France.

Harkis de France, vous êtes Français et votre place au sein de la Nation est légitime. Nul n’a le droit d’en douter.

Au nom des Saumurois que j’ai l’honneur de représenter, je vous adresse, ainsi qu’à vos familles, un message fraternel d’amitié et de reconnaissance. La France ne doit pas oublier votre sacrifice.”

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