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Deux nouvelles rues ont été inaugurées ce lundi 12 juin à Saumur. En premier c’est l’impasse Marcel Martinet, débutant au nord-ouest de la rue Georges Cormier, qui a eu les honneurs. Ensuite c’est la mémoire Pietro Bellati qui a été honorée avec la voie débutant rond-point de l’Hôpital et desservant le Pôle Santé du Saumurois ainsi que l’usine d’eau potable du Perreau.

Dans le cadre du projet de rénovation urbaine, depuis une bonne dizaine d’années, le quartier du Chemin Vert dont le secteur LOPOFA/Bonnevay, rue G. Cormier a connu une réelle refonte urbaine. Celle-ci est due à la démolition de barres d’immeubles et a pour conséquence un parc de logement en pleine mutation vers une mixité sociale sur l’ensemble de la ville. Au coeur d’un chantier encore en travaux, une nouvelle voie vient d’être inaugurée.

L’ impasse Marcel Martinet est une voie en impasse, réglementée en zone de rencontre, avec une largeur réduite à 5,50m et sur une longueur de 52m environ. Elle se termine par une placette et une aire de stationnement pour les riverains.

Marcel Martinet (Dijon 22 août 1887 – Saumur 18 février 1944)

Marcel Martinet est connu comme poète. Sympathisant du mouvement ouvrier, il publie en 1913 un manifeste L’Art prolétarien, où il précise les fondements d’une littérature prolétarienne. Il fréquente aussi le local de La Vie ouvrière – revue syndicaliste – et y rencontre Léon Trotski qui rédigera de lui un portrait. A partir des années 1920, Marcel Martinet défend la Révolution russe aux côtés de son ami Romain Rolland et adhère au parti communiste. En 1921, il devient le directeur littéraire du journal L’Humanité. Il publie une série d’articles sur la culture et l’éducation de la classe ouvrière réunie en 1935 sous le titre de Culture prolétarienne. Il correspond alors avec l’écrivain Stephen Zweig, la philosophe Simone Weil et collabore avec André Breton. Affaibli par la maladie – le diabète – il s’installe à Saumur en 1938 avec sa femme Renée Chervin mutée au collège de Jeunes filles. Il rejoint alors les « amis de l’Ecole émancipée » un groupe de militants du courant du syndicalisme enseignant constitué autour de la revue du même nom. Il est aujourd’hui inhumé au cimetière de Saumur.

Autre homme, autre lieu, la rue Pietro Bellati été construite en deux temps, avec tout d’abord l’accès principal de l’hôpital (2001) devenu le pôle de santé du saumurois, et dernièrement son prolongement pour desservir la « nouvelle usine des Eaux » sous l’égide de l’Agglo. Cette voie débute donc au rond point de l’hôpital (RD 145), à l’intersection de la route de Fontevraud et de la rue de Champigny pour se terminer à l’usine des Eaux, voie sans issue.

Pietro Bellati (Abbiategrasso – ITALIE 28 mars 1898 – Saumur 3 juin 1953)

Maçon italien spécialiste du ciment et du béton armé et ayant construit de nombreux bâtiments dans la ville de Saumur, il est représentatif de ces familles italiennes de maçons venues dans les années 30 à Saumur et maîtrisant de nombreux savoir faire (béton armé, mosaïque et granito). De contremaître, il devient chef d’entreprise, qui deviendra familiale, et impacte l’emploi et l’architecture saumurois pendant quarante ans. Il est naturalisé français et réside au 464 de la rue du Pressoir à Saumur. Son frère, Bruno Bellati était métreur et mosaïste au sein de l’entreprise.

Il est inhumé dans l’emplacement P-055 au cimetière de Saumur.

La Ville de Saumur lui doit, entre autres, le Hangard Bossut, l’Hôtel Budan, les établissements Gratien & Meyer, le cinéma Le Palace, la Cité des Violettes et l’école, l’Usine des Eaux (station du Petit-Puy), et le premier château d’eau de la ville. En 1970, l’entreprise  Bellati Père et fils comptait 193 salariés.